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Profil enthousiaste : ses forces, ses limites et pourquoi l’enthousiasme seul ne suffit pas pour devenir disciple de Jésus-Christ

Certaines personnes ont une capacité naturelle à s’enthousiasmer. Elles sont spontanées, dynamiques, motivées et souvent les premières à dire : « Je suis partant ! » ça me rappelle moi,quand je suis nouvellement venue à Christ en 2021.

Elles aiment les nouveaux projets, les nouvelles expériences et les grandes aventures. Lorsqu’elles découvrent quelque chose qui les passionne, elles peuvent s’y investir avec une énergie impressionnante.

Dans la vie chrétienne aussi, une personne enthousiaste peut rapidement être touchée par un message, une prédication, un témoignage ou une expérience avec Dieu. Elle peut prendre des décisions fortes, déclarer publiquement sa foi et même vouloir immédiatement s’engager dans le service.

Mais une question importante se pose :

L’enthousiasme suffit-il pour devenir disciple de Jésus-Christ ?

La réponse est non.

L’enthousiasme peut être le point de départ d’une rencontre avec Christ, mais il ne constitue pas à lui seul le fondement du discipulat.

Le disciple n’est pas simplement celui qui est enthousiasmé par Jésus. C’est celui qui est prêt à le suivre, à lui obéir et à accepter le prix de cette décision, même lorsque l’émotion disparaît.

C’est précisément ce que nous permet de comprendre Matthieu 8:18-20.

1. Qu’est-ce qu’une personne enthousiaste ?

Une personne enthousiaste est une personne qui manifeste beaucoup d’énergie, d’intérêt et d’excitation face à une idée, une personne, un projet ou une expérience.

Elle fonctionne souvent avec une forte impulsion intérieure. Lorsqu’elle découvre quelque chose qui lui plaît, elle peut rapidement passer de l’intérêt à l’action.

Son langage peut ressembler à :

  • « Je veux le faire ! »
  • « C’est exactement ce qu’il me faut ! »
  • « Je suis prêt ! »
  • « Allons-y ! »

Cette spontanéité est une véritable force. Mais elle peut également devenir une faiblesse lorsque la décision est prise avant que la personne ait réellement évalué ce qu’elle implique.

L’enthousiasme dit : « Oui ! » La maturité demande : « Oui, mais suis-je prêt à en payer le prix ? » C’est là se trouve la différence.

2. Les points forts du profil enthousiaste

Le profil enthousiaste possède plusieurs qualités précieuses.

 2.1. Il est généralement motivé

Une personne enthousiaste n’a pas toujours besoin d’être poussée pour commencer. Lorsqu’elle croit en quelque chose, elle peut naturellement se mobiliser.

Dans une église, elle peut être parmi les premières personnes à proposer son aide, participer à une activité ou soutenir une vision. J’étais comme ça, je voulais être dans tout à l’église !

Cette capacité à se mettre en mouvement est précieuse.

 2.2. Il sait communiquer son énergie aux autres

L’enthousiasme est contagieux. Une personne enthousiaste peut motiver son entourage, encourager une équipe et transmettre une vision avec passion.

Elle peut devenir un excellent communicant, évangéliste, leader d’équipe ou ambassadeur d’un projet.

 2.3. Il est ouvert aux nouvelles expériences

Le profil enthousiaste est souvent curieux. Il aime découvrir, apprendre et expérimenter.

Dans la foi chrétienne, cette ouverture peut l’amener à rechercher Dieu, à lire la Bible, à participer à des enseignements et à vouloir comprendre davantage les choses spirituelles.

2.4. Il passe facilement à l’action

Beaucoup de personnes ont de bonnes idées mais ne passent jamais à l’action. L’enthousiaste, lui, peut rapidement commencer. C’est un avantage considérable dans un environnement où il faut parfois oser avant de tout maîtriser.

2.5. Il possède une forte capacité d’engagement initial

Lorsqu’une personne enthousiaste croit véritablement à quelque chose, son engagement initial peut être impressionnant. Le problème n’est donc pas son incapacité à commencer.

Le véritable défi est sa capacité à continuer.

3. Les points négatifs du profil enthousiaste

C’est ici que le profil enthousiaste doit apprendre à se connaître. L’enthousiasme devient problématique lorsqu’il remplace la réflexion.

3.1. Il peut décider trop rapidement

L’enthousiaste peut confondre émotion forte et conviction profonde.

Parce qu’il ressent fortement quelque chose, il peut considérer que cette émotion constitue une confirmation suffisante pour prendre une décision. Or, une émotion peut être réelle sans être durable.

Une décision importante ne devrait pas être fondée uniquement sur ce que l’on ressent aujourd’hui.

3.2. Il peut sous-estimer le prix à payer

Lorsqu’une personne découvre un projet passionnant, elle voit naturellement les possibilités.

Elle voit moins facilement les sacrifices. Elle pense : « Ça va être formidable. » Mais elle ne pense pas toujours :

« Qu’est-ce que cette décision va me demander lorsque ce ne sera plus formidable ? »

C’est précisément cette question qui devient essentielle lorsqu’il s’agit de suivre Jésus.

 3.3. Il peut commencer beaucoup de choses sans les terminer

L’enthousiasme produit facilement des commencements. Mais la maturité produit de la persévérance.

Une personne peut être enthousiasmée par une formation aujourd’hui, une nouvelle activité demain, un projet la semaine prochaine et un autre quelques semaines plus tard.

Du coup, il aura comme résultat beaucoup de débuts, peu d’aboutissements.

3.4. Il peut rechercher l’expérience plutôt que la transformation

Dans la vie spirituelle, l’enthousiaste peut être attiré par les manifestations, les événements, les prédications puissantes, les témoignages et les moments forts.

Ces choses ne sont pas nécessairement mauvaises. Mais elles ne constituent pas le discipulat.

Être impressionné par Jésus n’est pas la même chose que suivre Jésus.

 3.5. Son enthousiasme peut disparaître lorsque la réalité va apparaître

C’est probablement son principal danger. Tant que tout est nouveau, stimulant et émotionnellement fort, il avance. Mais lorsque viennent :

  •  la discipline ;
  •  l’attente ;
  •  les renoncements ;
  • l’obéissance ;
  •  les incompréhensions ;
  •  les épreuves ;
  •  la répétition ;
  •  le service sans reconnaissance ;

son enthousiasme peut diminuer. Et vu qu’il confondait déjà enthousiasme et engagement, il peut abandonner.

 4. Matthieu 8:18-20 : un enthousiasme confronté au prix du discipulat

Le passage de Matthieu 8:18-20 présente une scène particulièrement intéressante. Un homme s’approche de Jésus et lui déclare qu’il le suivra partout où il ira. À première vue, c’est une déclaration magnifique.

Il ne dit pas : « Je vais réfléchir. » Il ne dit pas : « Peut-être que je pourrai te suivre. »

Il affirme sa disponibilité. Il veut suivre Jésus. Mais Jésus ne répond pas simplement : « Excellent ! Bienvenue parmi mes disciples. » Jésus lui parle du prix du chemin.

« Les renards ont des tanières, et les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas où reposer sa tête. » Matthieu 8:20

Cette réponse est étonnante. Jésus ne cherche pas à nourrir l’excitation de cet homme.Il lui révèle la réalité. En quelque sorte, Jésus lui dit :

« Tu veux me suivre ? Alors sache ce que signifie réellement me suivre. »

5. Pourquoi l’enthousiasme seul ne suffit-il pas pour devenir disciple de Jésus-Christ ?

Je me dois d’être précise ici. Ce n’est pas parce qu’une personne est enthousiaste qu’elle est incapable de devenir disciple de Jésus-Christ.

Le problème est plutôt que l’enthousiasme non réfléchi ne suffit pas pour soutenir le discipulat. Le véritable disciple doit passer de l’impulsion à la décision.

 5.1. Parce que le discipulat demande plus qu’une émotion

Une personne peut être profondément émue par une prédication et décider de suivre Jésus.

Cette émotion peut être sincère. Mais le discipulat va plus loin. Jésus demande une vie orientée vers lui. Il ne cherche pas simplement des personnes enthousiasmées par son message.

Il appelle des personnes prêtes à le suivre. L’émotion peut déclencher une décision. Mais seule une décision enracinée peut traverser les saisons difficiles.

5.2. Parce que suivre Jésus implique un coût

Matthieu 8:20 rappelle une réalité souvent oubliée : suivre Jésus a un prix. Jésus ne vend pas une expérience spirituelle confortable. Il appelle à une vie de consécration.

Le disciple doit accepter que suivre Christ puisse impliquer des renoncements, de l’inconfort, de la patience et de l’obéissance.

L’enthousiaste doit donc apprendre à poser une question avant de dire oui : « Suis-je prêt à continuer lorsque cela ne correspondra plus à ce que j’avais imaginé ? »

5.3. Parce que Jésus ne cherche pas seulement des personnes impressionnées

Il est possible d’être impressionné par Jésus sans lui appartenir véritablement. On peut aimer les prédications.

Aimer les chants. Aimer les rassemblements. Aimer l’atmosphère de l’église. Aimer les témoignages. Aimer les miracles.

Et pourtant avoir du mal avec l’obéissance quotidienne. Le disciple ne se définit donc pas seulement par ce qu’il ressent pendant un moment spirituel.

Il se définit aussi par ce qu’il choisit de faire après que l’émotion est passée.

 6. Le véritable problème de l’enthousiaste : il commence avec le cœur, mais doit apprendre à décider avec le cœur et l’intelligence

Il ne faut surtout pas tuer l’enthousiasme. Il faut le discipliner.

L’objectif n’est pas de transformer une personne enthousiaste en personne froide, hésitante ou ou constamment paralysée par l’analyse. L’objectif est de faire passer l’enthousiasme :

de l’impulsion à la conviction ; de la réaction à la réflexion ; de l’excitation à la décision ; du commencement à la persévérance.

L’enthousiasme est une énergie. La maturité lui donne une direction.

7. Comment transformer l’enthousiasme en un trait réfléchi et décisif ?

Voici quelques pistes concrètes.

7.1. Apprendre à ralentir avant de décider

Une personne enthousiaste doit apprendre à ne pas répondre immédiatement à toutes les opportunités.

Avant de dire oui, elle peut prendre quelques minutes, quelques heures ou quelques jours selon l’importance de la décision.

Elle peut se demander :

  •  Pourquoi est-ce que je veux faire cela ?
  •  Qu’est-ce qui m’attire réellement ?
  •  Est-ce une émotion ou une conviction ?
  •  Qu’est-ce que cette décision va me demander ?
  •  Suis-je prêt à continuer lorsque l’excitation disparaîtra ?

Ralentir n’est pas manquer de foi. Parfois, ralentir permet simplement de vérifier que l’on avance dans la bonne direction.

7.2. Apprendre à compter le coût

Avant de s’engager, il faut regarder la réalité. Jésus lui-même met en évidence cette dimension dans son enseignement sur le discipulat.

Une personne mature ne demande pas seulement : « Est-ce que j’en ai envie ? » Elle demande aussi : « Est-ce que je suis prêt ? » Cette distinction change tout.

 7.3. Apprendre à transformer une émotion en plan d’action

L’enthousiasme produit souvent une idée. La maturité transforme cette idée en plan. Par exemple : « Je veux mieux connaître la Bible ! » est une bonne intention.

Mais une décision réfléchie devient : « Je vais consacrer 30 minutes chaque matin à l’étude biblique pendant les 90 prochains jours. »

La première phrase exprime une envie. La deuxième exprime une décision.

 7.4. Développer la persévérance

L’enthousiaste doit apprendre à continuer même lorsque l’émotion baisse. C’est une compétence essentielle. Il faut comprendre une vérité simple : tout ce qui est important ne sera pas toujours passionnant.

La discipline prend le relais lorsque l’enthousiasme se retire. C’est également vrai dans la vie chrétienne. La prière n’est pas toujours accompagnée d’une émotion extraordinaire.

La lecture biblique n’est pas toujours spectaculaire. Le service n’est pas toujours reconnu. L’obéissance n’est pas toujours confortable. Mais le disciple continue.

 7.5. Apprendre à chercher la conviction plutôt que l’excitation

Avant une décision importante, la personne enthousiaste peut prendre le temps de prier, d’étudier la Parole de Dieu et de demander conseil à des personnes mûres. Elle ne doit pas uniquement chercher :

« Est-ce que cela me plaît ? »

Mais elle doit surtout chercher aussi : « Est-ce que cela correspond à ce que Dieu veut ? »

Cette question déplace le centre de gravité. L’enthousiaste ne décide plus uniquement à partir de lui-même. Il apprend à soumettre son désir à Dieu.

8. Le profil enthousiaste peut devenir un excellent disciple

Il serait donc faux de conclure que l’enthousiaste est un mauvais candidat au discipulat. Bien au contraire. Lorsqu’il devient mature, son enthousiasme peut devenir une formidable force spirituelle. Il peut devenir :

  • passionné mais réfléchi ;
  • audacieux mais prudent ;
  • énergique mais discipliné ;
  • spontané mais responsable ;
  • visionnaire mais persévérant ;
  • enthousiaste mais profondément enraciné.

Le problème n’est donc pas l’enthousiasme. Le problème est l’enthousiasme sans profondeur.

Une personne enthousiaste qui apprend à réfléchir devient une personne influente. Une personne enthousiaste qui apprend à persévérer devient une personne fiable.

Une personne enthousiaste qui apprend à compter le coût devient une personne capable de prendre des décisions solides. Et une personne enthousiaste qui soumet son enthousiasme à Christ peut devenir un disciple véritablement engagé.

 9. De « Je veux suivre Jésus » à « Je suis prêt à suivre Jésus »

C’est peut-être la transformation la plus importante. Il existe une grande différence entre :

« Je veux suivre Jésus. » et « Je suis prêt à suivre Jésus, même lorsque cela me coûtera quelque chose. »

Le premier peut être une émotion sincère. Le second est une décision mûrie.

Dans Matthieu 8:18-20, Jésus ne rejette pas la volonté de l’homme qui veut le suivre. Il l’amène à regarder la réalité du chemin.

C’est une leçon essentielle pour tous ceux qui veulent suivre Christ aujourd’hui. Avant de dire oui à une aventure spirituelle, il faut comprendre que le christianisme ne consiste pas simplement à vivre des moments forts avec Dieu.

Il s’agit de devenir progressivement semblable à Christ. Et cette transformation demande du temps, de l’obéissance, de la discipline et de la persévérance.

Conclusion : ne tue pas ton enthousiasme, transforme-le

Si tu es une personne enthousiaste, ne considère pas ton enthousiasme comme un défaut. Ta capacité à te passionner, à mobiliser ton énergie et à commencer de nouvelles choses peut être une grande force.

Mais cette force doit être formée. Ne laisse pas ton enthousiasme décider seul.

Apprends à réfléchir. Apprends à prier. Apprends à compter le coût. Apprends à demander conseil. Apprends à patienter.

Et surtout, apprend à continuer lorsque l’émotion disparaît. L’enthousiasme te permet de commencer. La conviction te permet de décider.

La discipline te permet de continuer. Et la fidélité te permet d’aller jusqu’au bout.

C’est ainsi qu’un trait de caractère spontané peut devenir un trait de caractère réfléchi, décisif et mature.

Et c’est peut-être là l’une des grandes leçons de Matthieu 8:18-20 : Jésus ne cherche pas seulement ceux qui sont prêts à dire « oui ». Il forme ceux qui sont prêts à vivre ce « oui ».

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