sentiment d'incapacité

Sentiment d’incapacité : comment une blessure de rejet peut bloquer toute une vie

Je n’aurais jamais imaginé que le sentiment d’incapacité pouvait être à l’origine de plusieurs maux dont j’ai souffert de l’âge de 5 ans jusqu’à mes 35 ans.

Pourtant, c’est lui qui m’a gardée enchaînée pendant plus de 30 ans dans des liens de blocage et de non-accomplissement.

Aujourd’hui, je comprends mieux une partie de mon histoire. Et dans cet article, je vais te raconter comment j’ai découvert le lien entre ce sentiment d’incapacité et la blessure de rejet.

Pendant longtemps, je pensais simplement que j’étais incapable

Après mon BAC Série A1, je suis allée à l’Université d’Abomey-Calavi pour poursuivre mes études en linguistique, option information-communication.

Pendant mon cursus universitaire, entre 2010 et 2013, j’ai connu des difficultés que je n’arrivais pas à expliquer. J’avais peur de prendre la parole devant mes camarades d’amphithéâtre.

Je faisais des crises de panique qui me tétanisaient et m’empêchaient de répondre aux questions, même lorsque j’avais les réponses.

Je connaissais aussi des problèmes aux yeux, des trous de mémoire, du surmenage et d’autres difficultés que je ne comprenais pas. Le plus difficile était peut-être ce qui se passait dans ma tête.

Il m’arrivait de vouloir participer à une conversation et, soudainement, mon cerveau semblait se bloquer. C’était comme la chaîne d’une moto qui s’arrête brutalement et empêche cette dernière d’avancer.

Je me disais alors que je n’étais pas intelligente, que je ne connaissais rien et que les autres étaient meilleurs que moi. Petit à petit, je me suis isolée.

J’avais peur du regard des autres, peur d’être jugée et surtout peur d’être rejetée.

Je me disais : « Je suis nulle. Je ne suis personne. Alors pourquoi me déranger pour aller me mêler aux autres ? » Pourtant, j’avais profondément besoin d’amour.

Je voulais qu’on m’aime et je faisais beaucoup de choses pour plaire aux gens. Mais intérieurement, je me sentais toujours à côté. Comme si je n’étais pas à ma place.

Le sentiment d’incapacité m’a fait abandonner beaucoup de choses

Ce sentiment m’a accompagnée pendant des années. Dès que je commençais à aller loin dans quelque chose, une peur apparaissait. Je doutais, je paniquais et, très souvent, j’abandonnais.

En 2023, j’ai lancé une offre sur LinkedIn après une formation en copywriting. Devine quoi ?

Je ne suis pas allée jusqu’au bout. Je me disais que je n’allais pas y arriver. Je paniquais tellement que tout mon être semblait vouloir abandonner.

C’était comme si quelque chose me disait : « Fuis. Cache-toi. Ne laisse personne te voir. »

À cette période, une amie m’a reproché de ne pas suffisamment penser aux autres et de ne pas l’aider à développer sa marque sur LinkedIn. Ses paroles ont créé en moi une violente frustration et beaucoup de doutes.

Aujourd’hui, je comprends qu’elle ne savait pas ce que je vivais. Mais à ce moment-là, je ne comprenais pas moi-même ce qui se passait.

J’ai abandonné le projet. Et jusqu’au moment où j’écris cet article, je n’ai pas repris la gestion de mon profil LinkedIn.

Et LinkedIn n’était qu’un exemple.

J’ai abandonné plusieurs projets de formation, d’e-commerce et d’autres initiatives parce que je me sentais incapable d’aller jusqu’au bout.

En 2024, j’ai compris que quelque chose n’allait pas

En décembre 2024, après un bilan de mes 34 années de vie, j’ai pris conscience d’une chose.

Ce qui s’était passé avec moi pendant toutes ces années n’était pas normal. Je voyais les blocages dans ma vie. Je fuyais les gens. J’avais même du mal à savoir qui j’étais vraiment.

Mon identité était embrouillée. J’étais vide. Vraiment vide.

J’avais l’impression d’être enfermée dans une chambre hermétiquement fermée, sans aucune issue de secours. J’étais devenue étrangère à moi-même. Et chaque fois que le sentiment d’incapacité surgissait, je bloquais totalement.

Je voulais comprendre. Mais je ne savais même pas par où commencer.

 La blessure de rejet m’a donné une première réponse

Au début de l’année 2025, la fuite s’est aggravée. Je voyais clairement que je fuyais certaines situations, mais je ne comprenais toujours pas pourquoi.

Puis, au début du mois d’avril, un jour où j’avais tellement mal que j’ai pleuré toute la journée, je suis tombée sur une vidéo YouTube qui parlait des blessures d’âme. La vidéo mentionnait un livre intitulé « Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même ».

J’ai téléchargé la version numérique du livre et je l’ai lu. C’est là que j’ai compris une partie de ce qui se passait véritablement avec moi. En lisant les caractéristiques de la blessure de rejet, je me suis reconnue dans énormément de choses.

Je représentais plus de 75 % des caractéristiques identifiées dans le livre. Je dis plus de 75 % pour éviter de dire 100 %. Mais reconnaître les symptômes ne suffisait pas. Il fallait encore comprendre l’origine.

Car tout mal a une origine, une source qui l’alimente. Étant chrétienne, j’ai commencé à prier pour demander à l’Esprit de Dieu de m’aider à comprendre ce qui se passait dans ma vie.

Une aînée à qui j’avais parlé de la blessure de rejet m’a ensuite envoyé une vidéo sur les clés de restauration de l’âme. Le pardon y occupait une place importante.

J’ai alors commencé à identifier les situations dans lesquelles j’avais ressenti le rejet et les émotions qui y étaient associées. Ce travail m’a obligée à retourner dans mon enfance. Et c’est là que j’ai commencé à comprendre.

J’ai finalement compris ce qui s’était passé dans mon enfance

Voici ce qui s’est passé pendant mon enfance et qui, selon ce que j’ai compris, a été à la source de beaucoup de mes douleurs pendant plus de 30 ans.

Maman, une belle et brave femme, tombait souvent malade et pleurait aussi souvent devant moi à cause de mon papa. Chaque fois que je voyais maman souffrir, je voulais de tout mon être la sauver, la secourir et la protéger.

Mais je n’y arrivais pas. J’étais une enfant. Je n’avais pas la capacité de faire quelque chose pour la sortir de ces situations. Pourtant, dans mon cœur, je me sentais responsable.

Je voulais prendre soin de maman, la protéger et être là pour elle. Je ne savais pas que c’était à maman de prendre soin de moi parce que j’étais l’enfant. Les rôles semblaient s’être inversés.

Et en grandissant, une pensée s’est installée en moi : « Je ne suis pas capable de protéger maman. » Je voulais lui donner de l’amour alors que moi aussi, j’avais besoin d’être aimée. Je me rappelle de mes nuits blanches au chevet de maman lorsque la maladie frappait à sa porte.

Toute petite, entre 5 et 12 ans, je veillais déjà sur sa santé. À force de vivre ces situations où je voulais aider sans pouvoir le faire, quelque chose s’est installé en moi. Je me suis mise à croire que j’étais incapable.

Comme si le fait de ne pas avoir réussi à sauver ma maman signifiait que je ne pouvais rien réussir dans ma vie. Cette croyance a grandi avec moi. Elle a créé des barrières, des blocages et des peurs.

Et chaque fois que je rencontrais une situation qui demandait de la force, de l’énergie ou de l’engagement, quelque chose en moi voulait fuir.

Je comprends aujourd’hui que j’étais une enfant face à des situations beaucoup trop grandes pour moi. Je ne pouvais pas sauver ma maman. Ce n’était pas mon rôle.

Ce que je comprends aujourd’hui de mon histoire

Aujourd’hui, quand je pense à tout ce qui s’est passé et aux mensonges que j’ai acceptés, je souris. C’était à maman de prendre soin de moi pendant mon enfance, pas le contraire.

Je lui en ai voulu sans même le savoir. Cette haine inavouée a créé une distance entre elle et moi. Mais maintenant, je comprends beaucoup de choses. Ce n’était pas de sa faute. Ce n’était pas de la mienne non plus.

C’est la vie. On ne peut pas donner ce qu’on n’a pas reçu. Et nous devons apprendre à vivre en nous appuyant sur la Parole de Dieu qui délivre.

Je ne prétends pas avoir tout compris ni tout réglé. Cependant, aujourd’hui, je peux mettre des mots sur certaines choses que je vivais autrefois sans comprendre. Et rien que cela change beaucoup de choses.

5 étapes qui m’aident à avancer

Je continue chaque jour de travailler sur ces blessures et sur ce sentiment d’incapacité. Voici les principales étapes qui m’aident dans ce cheminement.

1. Prendre conscience de ce qui se passe

Avant de traiter quelque chose, il faut déjà reconnaître qu’il existe. J’ai dû accepter de regarder honnêtement mes réactions, mes peurs, mes fuites et mes blocages.

2. Identifier les situations qui déclenchent le rejet

Je cherche à comprendre dans quelles situations je me sens rejetée, incapable ou inférieure aux autres. Cela permet de ne plus subir automatiquement mes réactions.

3. Identifier les émotions

Une situation déclenche souvent une émotion. Je dois donc apprendre à observer ce qui se passe en moi : peur, colère, tristesse, frustration, honte ou sentiment d’incapacité.

4. Apprendre à pardonner

Le pardon a occupé une place importante dans mon cheminement. Pardonner aux personnes qui m’ont fait souffrir, mais aussi apprendre à me pardonner à moi-même. Je n’étais qu’une enfant. Je ne pouvais pas faire certaines choses.

Je ne dois plus me condamner pour ce que je n’avais pas la capacité de faire.

5. Comprendre mon identité en Christ

Si tu es chrétien, je crois qu’il est essentiel de demeurer dans la Parole, de vivre la Parole et de demander à l’Esprit de Dieu de te montrer ta véritable identité en Christ. Je continue moi-même à apprendre cela.

Et si ton sentiment d’incapacité avait lui aussi une histoire ?

Si tu es arrivé jusqu’à la fin de cet article, peut-être que quelque chose dans mon histoire te parle. Peut-être que toi aussi, tu abandonnes régulièrement tes projets sans comprendre pourquoi.

Peut-être que tu fuis certaines situations, que tu as peur du regard des autres ou que tu te sens incapable alors que tu sais que tu peux faire beaucoup plus. Je ne dis pas que ton histoire est la même que la mienne.

Mais je sais aujourd’hui que certaines choses que nous vivons à l’âge adulte peuvent avoir des racines qui remontent à notre enfance.

Pendant 30 ans, je pensais simplement que j’étais incapable.

Aujourd’hui, je sais que derrière certains blocages, il y avait une histoire que je n’avais jamais pris le temps de comprendre. Alors, n’hésite pas à partager ton expérience avec moi dans les commentaires.

Tu peux aussi me poser tes questions. Je te répondrai.

Merci et que l’Amour de Dieu soit sur nous et en nous !

Amen !

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